Thierry Bedossa où la sincérité d’un vétérinaire au sujet des abattoirs!

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Rencontre avec Thierry Bedossa qui nous a accordé une interview en toute sincérité. Sans détours et sans concessions, Thierry nous a confié son indignation devant un système de mise à mort industrialisée des animaux devenu une atrocité à peine pensable.

TbedossaDocteur vétérinaire et comportementaliste animalier, Thierry Bedossa a effectué ses études à l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, puis les a terminées à l’école vétérinaire de l’université de Montréal.
Dès le début de ses études, en se rendant dans les abat­toirs et les élevages indus­triels, la souf­france que l’on inflige aux animaux le choque, le révolte. Militant contre la souffrance animalière, il préside aujourd’hui le Refuge AVA (Aide aux Vieux animaux) qui recueille chiens, chats, chevaux, daims, bovins, lapins… les plus âgés, en leur offrant une retraite dorée plutôt qu’une euthanasie. Grâce à ce travail de tous les instants, près de 600 animaux vivent leur retraite dans les 75 hectares de la Ferme du Quesnoy à Cuy Saint Fiacre (Normandie).

1) Depuis les vidéos du scandale de l’abattoir d’Alès tournées par L214, le sujet de la mise à mort des animaux destinés à la consommation humaine semble avoir gagné un peu de visibilité. Pensez-vous que cela puisse ouvrir la voie à de réels changements, notamment dans les modalités de contrôle des abattoirs?

Thierry Bedossa :
«  Oui! C’est triste à dire mais la DGAL (Direction générale de l’alimentation ) et le BPA se foutent totalement des si nombreuses maltraitances infligées aux bêtes en contexte d’élevage industriel et lors du transport et de la résidence dans les lieux d’abattage centralisés.
S’il y a une pression de l’opinion publique, les autorités sanitaires de tutelle, le gouvernement et le pouvoir législatif bougent. Sur ces sujets, le cynisme des élus et de la fonction publique est total ; leur démission également .
Il faut donc que les associations se mobilisent et informent sans relâche le citoyen et le consommateur. C’est hélas le seul moyen de faire bouger les choses ».

S’il y a une pression de l’opinion publique, les autorités sanitaires de tutelle, le gouvernement et le pouvoir législatif bougent.

2) En tant que vétérinaire, quelles sont selon vous les actions prioritaires à mettre en œuvre pour assurer une meilleure prise en charge de la souffrance animale lors de l’abattage ? (meilleure formation des personnels? Révision des cadences? Étourdissement obligatoire? Contrôles inopinés? Plus de vétérinaires? Etc.)

Thierry Bedossa :
« Les systèmes d’abattage centralisés et le transport obligatoirement associé à ces process sont inévitablement et inéluctablement générateurs d’états permanents de peur, de détresse voire de panique chez tous les animaux. Tous les politiques et les fonctionnaires le savent, leur cynisme est total. Il faut que les systèmes d’élevage industriel et d’abattage centralisés disparaissent.
Nous sommes confrontés aux mêmes problématiques et aux mêmes impératifs de choix pour notre planète. Le même cynisme de la plupart des élus et des décideurs économiques est à l’œuvre.
Je pense sincèrement qu’aucune des mesures que vous évoquez ne soient objectivement efficace pour diminuer l’ampleur du mal être, de la peur et de la panique lors du transport et du séjour en abattoir.
Au mieux, il s’agirait simplement de communication et d’effets d’annonce.
Les seules améliorations possibles, si on donne vraiment la priorité à l’éthique, à la bien-traitance et à l’environnement, ne découleront que de l’abandon progressif de ces systèmes d’élevage intensifs et d’abattage centralisés.
Il faudrait déjà commencer par la suppression des si nombreuses subventions publiques versées à ces systèmes et leurs acteurs.
C’est un vrai scandale environnemental que ces pratiques soient subventionnées par de l’argent public et par celui de l’Europe.
Imaginez le tollé et l’indignation de l’opinion publique si elle apprenait qu’on continue à subventionner les énergies fossiles avec de l’argent public ! »

Les seules améliorations possibles, si on donne vraiment la priorité à l’éthique, à la bien-traitance et à l’environnement, ne découleront que de l’abandon progressif de ces systèmes d’élevage intensifs et d’abattage centralisés.

3) Pensez-vous que le retour à des structures d’abattage plus petites ou directement à la ferme (type camion d’abattage mobile comme cela existe en Allemagne), serait une piste d’amélioration intéressante et pour les animaux, et pour les éleveurs?

Thierry Bedossa :
«  Directement à la ferme, si on place la bien-traitance animale avant tout ».

Tous les vétérinaires sont allés dans les abattoirs et les élevages intensifs pendant leurs études.
Nous savons TOUS ce qu’il s’y passe !

4) Très récemment l’Ordre national des vétérinaires à pris officiellement position en faveur d’un étourdissement systématique avant l’abattage. Soutenez-vous cette position, et si oui ou non pourquoi?

Thierry Bedossa :
« C’est un effet d’annonce et de la pure communication. Tous les vétérinaires sont allés dans les abattoirs et les élevages intensifs pendant leurs études.
Nous savons TOUS ce qu’il s’y passe !
La peur, la panique sont telles durant le transport, l’arrivée et le séjour en abattoir que je doute fort que l’étourdissement préalable à la saignée soit une mesure contribuant significativement au « bien-être » de ces pauvres bêtes.
Nous ne disposons par ailleurs d’aucune évaluation scientifique rigoureuse sur ce sujet.
Il y a aussi beaucoup d’arrière-pensées racistes derrière cette posture, et c’est révoltant.
Quiconque est allé en Afrique noire, en Amérique, en Océanie et a passé un peu de temps auprès des peuples « premiers » ou « primitifs » peut se rendre compte à quel point chaque bête abattue l’est avec respect et ignore en général quelques minutes à peine avant sa mort la peur ou la panique ».

Propos recueillis par C. Brousseaud, présidente de l’AFAAD


Découvrir Thierry Bedossa et son investissement en faveur des animaux de compagnie et des animaux de rente:

AVAlogoPour adop­ter, parrai­ner ou faire des dons, contac­ter la Ferme du Ques­noy : (0)677482792. Ou via son site : http://www.avarefuge76.com

Bibliographie :
2002 : Vendre un chiot équilibré : Favoriser la relation chien-maître, éditions De Vecchi
2004 : L’éducation canine, éditions SAEP
2010 : Comportement et éducation du chien, éditions Educagri
2015 : Tout sur le toutou : Guide à l’usage des maîtres de chiens, éditions Anne Carrière

A propos de l'auteur

AFAAD
Association en faveur de l'abattage des animaux dans la diginité. Nous nous battons pour que chaque animal soit étourdi préalablement à sa mise à mort.

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