Scandale des abattoirs : Que pouvez-vous faire?

Abattoir, consommateurs agissez

Et si c’était enfin les consommateurs qui prenaient la parole à ce sujet ? Oubliant pour un instant la peur des réalités, des mots, des faits pour demander des réponses et prendre part activement à ce sujet qui leur échappe.
Aujourd’hui, le consommateur doit devenir un acteur majeur concernant la demande de traçabilité. Cette traçabilité ne doit plus pouvoir s’arrêter aux marches de l’abattoir, comme c’est actuellement le cas. Car malheureusement, les changements réglementaires réclamés au niveau parlementaire par les associations de protection animale ne sauront à eux seuls solutionner les problèmes d’une filière en crise.
Les propositions exposées ci-dessous sont à la portée de tous, et seront aussi les garantes du changement et d’une réelle transparence en matière d’abattage.

Accepter de savoir et consommer en connaissance de cause

Oui, pour manger de la viande, il faut tuer un animal.
Et pour être ou devenir un « consommateur responsable », il faudrait accepter de s’informer sur cette phase délicate de l’abattage, en exigeant de savoir comment se passe cette mise à mort : il est temps d’oser les mots, les images, les explications techniques.

Une question mérite d’être introduite dans les débats, et surtout dans les esprits : comment consommer un animal sans s’interroger sur sa mise à mort?

Depuis le scandale de l’abattoir d’Alès, et plus récemment les images de l’abattoir du Vigan, la plupart des gens découvrent stupéfaits la réalité des abattoirs.
Une question mérite d’être introduite dans les débats, et surtout dans les esprits : comment consommer un animal sans s’interroger sur sa mise à mort?
Elle devra nécessairement faire son chemin dans l’esprit des consommateurs, si l’on désire voir se mettre en place une traçabilité sur cette étape de la vie de l’animal.

…et puis choisir !

D’abord, choisir de manger de la viande provenant d’animaux élevés dans d’excellentes conditions, comme seuls de vrais éleveurs passionnés (et non pas des « producteurs ») savent le faire.
Cette possibilité de sélectionner des élevages qualitatifs est maintenant possible et plutôt accessible via le circuit court, les groupements d’agriculteurs locaux, et les associations de consommateurs.
Récemment, le site « Bio Where ? » qui se présente sous la forme d’un annuaire national de la vente direct a été lancé. Il s’agit de faciliter les échanges directs entre éleveurs et consommateurs. Notez que le répertoire « Bio-Where? » sera prochainement développé sous forme d’application pouvant géolocaliser tous ces points de vente en directe.

Refusez d’être trompés !

Lorsqu’il s’agit de choisir de manger de la viande provenant d’animaux abattus respectueusement et avec le moins de stress possible, là tout devient plus compliqué.
Le consommateur, préférant sûrement ne pas se confronter au sujet difficile de l’abattage des animaux, a lui-même cautionné la mise en place d’un système obscur où toute la réalité du circuit a été occultée. Les animaux paissent dans les prés (pour ceux qui ont encore cette chance), puis par un tour de passe-passe dont on ignore tout, la viande apparaît à l’étal du supermarché.
Les abattoirs, discrètement dissimulés dans les zones industrielles, peuvent bien faire ce qu’ils veulent si personne ne demande des comptes et de la visibilité sur ce qui se passe en amont de l’assiette !

Le consommateur, préférant sûrement ne pas se confronter au sujet difficile de l’abattage des animaux, a lui-même cautionné la mise en place d’un système obscur où toute la réalité du circuit a été occultée.

Malheureusement, on en arrive aux dérives que l’on connaît avec la réalité des abattoirs régulièrement dévoilée au grand jour. Suite au nouveau scandale du Vigan, la mobilisation générale est de nouveau enclenchée : la prise en charge du problème par les « responsables compétents » est en marche. Ce n’est pas être pessimiste que d’affirmer que les sanctions à venir, ne seront une nouvelle fois pas à la hauteur de la gravité des actes constatés.

Osez exiger des garanties !

Un acteur indispensable, et qui ignore encore son immense pouvoir, est le consommateur qui achète de la viande. Lui seul sera en mesure d’exiger demain des garanties aujourd’hui totalement absentes.
Nous sommes convaincus que la pression des consommateurs peut permettre d’imposer à la filière viande de travailler en intégrant pleinement la bien-traitance animale; encore faut-il avoir le courage et l’envie de s’emparer d’un tel sujet. Mais c’est possible.
Comment faire ?

Parler de ce sujet avec son boucher

L’AFAAD a souhaité initier une enquête à destination des artisans-bouchers, et à mener directement par chaque consommateur qui souhaite obtenir des réponses. A terme, nous souhaitons pouvoir bénéficier d’un échantillon assez large afin de proposer une analyse des rapports entre artisans-bouchers et abatteurs (transparence? traçabilité? engagement qualitatif? bonnes pratiques etc.).
Ainsi, si tous les clients prennent la peine d’interroger sur le fonctionnement de l’abattoir, les méthodes d’abattage, le professionnel prendra nécessairement la mesure de cette attente forte des consommateurs. On peut donc espérer qu’il sélectionnera son fournisseur en tenant compte de cet aspect. (Demandez et participez à notre enquête)

Impliquer les associations dans la surveillance des abattoirs grâce à votre appui

Il devient de plus en plus légitime d’accorder aux associations de protection animale un rôle de contrôle aux cotés des services de l’État dans les abattoirs.

Face à un manque récurrent de personnel vétérinaire dans les abattoirs, les associations pourraient ainsi suppléer à un besoin clairement identifié et aujourd’hui, indispensable pour une vraie prise en charge de la souffrance animale.

Ainsi, Il est envisageable de pouvoir mandater des représentants du secteur associatif assermentés, et à même de mener des inspections de contrôles dans les abattoirs avec les services de l’État.
Face à un manque récurrent de personnel vétérinaire dans les abattoirs, les associations pourraient ainsi suppléer à un besoin clairement identifié et aujourd’hui, indispensable pour une vraie prise en charge de la souffrance animale. Dans l’hypothèse d’une mise en place de caméras de vidéo surveillance, les responsables associatifs de la protection animale pourraient assurer une partie du visionnage des bandes afin de sanctionner les manquements graves, mais aussi de développer la formation du personnel à l’appui de ces films.

C’est une proposition que porte l’AFAAD dans sa pétition en ces termes : « La mise en place de contrôles inopinés dans les abattoirs par une autorité indépendante des services de l’État (vétérinaire, association de protection animale) ». Cette proposition doit pouvoir recueillir un important engagement citoyen, mais aussi l’engagement de toutes les associations afin qu’elle puisse voir le jour.
Exiger tout cela demande une implication citoyenne, de la part de chaque consommateur. Malgré toute l’énergie du monde, les associations de protection animale ne pourront pas relever seules ce challenge. Les consommateurs doivent être présents et réactifs sur ce sujet de l’abattage, ne pas hésiter à initier des lettres ouvertes, à interroger la filière viande, et plus encore à boycotter la viande issue des élevages intensifs et la viande dont on ignore tout simplement tout. Il est urgent que ce sujet ne soit plus tabou.
Faites vous entendre, et petit à petit, vous rendrez un immense service aux animaux de ferme !

Je suis ce consommateur.
Et vous… ?

Opportune Coste, Adhérente et bénévole de l’AFAAD

A propos de l'auteur

AFAAD
Association en faveur de l'abattage des animaux dans la diginité. Nous nous battons pour que chaque animal soit étourdi préalablement à sa mise à mort.

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