Le marketing de Fleury Michon ne recule devant rien et table sur les « saucisses bien élevées »

marketing porc Fleury Michon

Un article de ce matin paru dans Les Echos, revient sur la stratégie marketing du géant Fleury Michon.
On y apprend notamment que sur un marché du jambon « à la peine », Fleury Michon vient de s’allier avec le pôle animal du groupe Avril (Abera et Sanders) pour lancer une nouvelle gamme de produits issus de porcs élevés sans OGM et sans antibiotiques.

Une belle vie de cochon…et la mort ?
Fleury Michon nous assure que ces cochons auront bénéficiés d’une belle vie avant de passer entre les mains des abatteurs d’Abera. Les Echos rapportent : « Une vingtaine d’éleveurs de Sanders, filiale d’alimentation animale du groupe Avril, s’engagent dans un cahier des charges précis. Les animaux sont élevés uniquement avec des céréales françaises sans présence d’OGM. Les antibiotiques sont bannis des porcheries à l’issue de la période de sevrage des porcelets (40 jours) et le bien-être animal est pris en compte. Les porcheries sont ouvertes sur l’extérieur, les animaux peuvent sortir et ne sont pas confinés. Pour un contrôle des cheptels, les abattages seront effectués uniquement chez Abéra, filiale d’Avril ».

L’initiative, de prime abord semble plutôt louable, pourtant quelque chose nous cause problème : Comme nous, vous constaterez que le beau discours en faveur du respect du bien-être animal s’arrête encore une fois aux marches de l’abattoir : nous sommes donc en mesure de nous interroger sur la réelle prise en charge de la souffrance animale lors du processus d’abattage. On le sait, les chaînes d’abattage des géants du secteur, sont des lieux qui ne laissent aucune place à la prise en charge de la souffrance animale, et pourtant Fleury Michon nous l’assure : l’éthique envers l’animal est ce qui a guidé la fabrication de ce jambon et sa mise sur le marché sous la marque « J’aime ».

L’article des Echos ajoute :

« Fleury Michon n’est pas le premier à miser sur une amélioration du jambon à prix moyen. Depuis janvier, Cooperl Arc Atlantique, numéro un en France de l’abattage de porcs, a lancé dans la grande distribution, via sa filiale de charcuterie cuite Brocéliande, la marque Le Jambon Bien Elevé. Celui-ci est fabriqué sans antibiotique. D’après la direction du marketing du groupe coopératif, les ventes doublent tous les mois. Il a aussi mis sur le marché des Saucisses Bien Elevées ».

De l’exploitation florissante du label « bien-être animal »
Quand le numéro 1 français de l’abattage de porcs, qui dispose d’une capacité d’abattage de 100 000 porcs/semaine dans trois abattoirs différents s’engage dans la filière « bien-être animal », nous sommes en mesure de nous interroger sur la réalité de ses intentions. Pour rappel, Cooperl Arc c’est 5 millions de porcs abattus par ans, soit environ 450 000 tonnes/an.
Pathétique, que cet argument de vente le plus hypocrite qui soit, soit ainsi estampillé sur les barquettes de jambon.

Nous restons convaincus, que l’industriel courageux sera celui qui osera à la fois : ouvrir les portes de ses abattoirs, apposer sur ses emballages la méthode d’abattage et rendre visible les processus mis en œuvre pour garantir l’absence de souffrance des animaux lors de la mise à mort.

Car non, ces cochons n’auront pas une « belle » mort… mais ça, on ne vous le dira pas, et on ne vous le montrera jamais.

C.B.

A propos de l'auteur

AFAAD
Association en faveur de l'abattage des animaux dans la diginité. Nous nous battons pour que chaque animal soit étourdi préalablement à sa mise à mort.

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