Abattage à la ferme : Le combat de Stéphane Dinard

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Nous le connaissons bien Stéphane, de nos diverses rencontres des couloirs de l’Assemblée Nationale aux salles de réunion investies par le Collectif « Quand l’abattoir vient à la ferme ».
En quelques mois, Stéphane Dinard, éleveur de races anciennes en Dordogne est devenu le visage, la voix, l’incarnation d’un combat en faveur de l’abattage à la ferme.

Depuis près de 8 années, Stéphane refuse que ses animaux terminent leur existence dans un abattoir. Le transport, le bruit, le stress…la terreur de ses cochons qui n’ont toujours connu que la vie en plein air. Stéphane refuse et n’abdique pas devant les menaces des services d’inspection. C’est un combat éthique qu’il mène afin que la fin de ses animaux soit respectueuse, sans douleur, sans angoisse.

La radio, la presse locale et plus récemment France 2 sont venus rencontrer Stéphane et entendre ses revendications, expliquer son histoire. Et pourtant, aujourd’hui la ferme de Stéphane est menacée de disparition, le marasme économique est doublement impactant pour Stéphane : en effet, il ne peut pas commercialiser, au regard de la règlementation, la viande des animaux abattus dans sa ferme.

Un paradoxe : quand l’éthique d’un éleveur en arrive à menacer la situation économique de sa ferme

Car c’est bien d’éthique dont il s’agit : Stéphane le dit, le répète, le martèle : plus d’abattoir pour ses animaux, car ce serait quelque part une trahison vis à vis de la confiance qu’ils lui accordent. Des abattoirs, Stéphane ne garde pas une bonne expérience et lui, a décidé que ce serait différent pour SES animaux.
Un très beau reportage photo lui avait été consacré en mars dernier par la journaliste Anne Leroy pour les Inrock : à voir ici.

Stéphane est désormais l’un des initiateurs du collectif « Quand l’Abattoir vient à la Ferme », Collectif qui se bat au quotidien pour que la règlementation sur l’abattage change et que les conditions de transport, d’attente interminable dans des lieux inhospitaliers tels que les abattoirs mais aussi l’abattage en lui-même évoluent vers plus de respect et d’humanité. Les abattoirs mobiles seraient une solution permettant à tous les animaux de « Naître, vivre et mourir à la ferme ».

Économiquement, Stéphane est désormais dans une situation de survie et pourtant, il poursuit son combat en faveur d’une mort digne et respectueuse pour ses animaux en multipliant les rencontres avec des élus locaux, d’autres éleveurs, des parlementaires etc.

En l’état, la règlementation ne permet pas à Stéphane de vendre ses produits en toute quiétude. Seuls des « consommateurs engagés à ne consommer que de la viande éthique » (élever en plein air, en bio et abattus à la ferme en toute dignité) sont sollicités par un système de bouche à oreille ce qui n’est pas suffisant pour lui assurer des revenus réguliers, son objectif étant de pouvoir être autorisé à vendre légalement ses bons produits à des «consomm’acteurs» conscients de l’impact de leur consommation et du changement qui doit s’opérer dans les années à venir.

Une collecte citoyenne pour sauver la ferme de Stéphane

Après une réflexion conjointe au sein du Collectif, nous avons souhaité lancer une opération de collecte citoyenne afin de venir en aide à Stéphane Dinard.
Cet argent lui permettra notamment de nourrir ses animaux cet hiver, d’investir dans un tracteur d’occasion mais surtout, de rembourser l’énorme investissement qu’a constitué la construction d’une chambre froide pour assurer le traitement correcte des carcasses de ses animaux abattus à la ferme. Stéphane est un pionnier…ce n’est jamais simple. A l’éthique, au respect de ses animaux l’administration lui oppose ses normes, sa règlementation sanitaire, ses modes opératoires normalisés…

Soyons honnêtes : sans le courage et le dévouement de cet homme qui a été jusqu’à avouer son illégalité devant les parlementaires de la commission d’enquête en juin dernier, l’abattage à la ferme ne serait même pas traité dans des articles de presse. Aujourd’hui, c’est un juste retour des choses que de tenter d’aider Stéphane pour sauver sa ferme.

Une raison de plus nous en persuade : l’aide apportée à la ferme de Stéphane constitue une première étape fondamentale du projet d’abattage à la ferme dans la mesure où nous envisageons très sérieusement de mener l’expérimentation dans sa ferme, en Dordogne. Si la ferme de Stéphane ne survit pas au marasme économique ambiant, nous ne pourrons malheureusement pas mener cette action.

La collecte se passe sur le site de financement participatif Kiss Kiss Bank Bank. Le principe est simple : si jamais la somme totale n’est pas atteinte, chaque donateur est remboursé.

A propos de l'auteur

AFAAD
Association en faveur de l'abattage des animaux dans la diginité. Nous nous battons pour que chaque animal soit étourdi préalablement à sa mise à mort.

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